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Fitzpatrick Gallery

Paris

Cédric Rivrain

Belle Main

Nov 26, 2021

Jan 22, 2022

English Text
Inveterate demimondaines, nocturnal Rabelaisians, human readymades, castafiores on poppers, defrocked dandies and m&m’s twinks are among Cédric Rivrain’s imaginary museum. Similar to André Malraux’s coming out at Castle Faggot, a decadent Luna Park dreamed up by Derek McCormack in which Charles Baudéclair and Stéphane Marshmallarmé cross paths, this exhibition is a descent into a delirious cabaret. Tonight it features Manet laDélurée, Chardin la Catin, Fragonard le Queutard and Rembrandt la Tante.

In Rivrain’s National Portrait Gallery, one sees Lili Reynaud Dewar who seems to have indulged the inextinguishable thirst that animated Béatrice Dalle in Claire Denis’ Trouble Every Day shoot in 2001. She, with Emily Sundblad and Puppies Puppies (Jade Kuriki Olivo) have a posture that quietly subverts the genealogy of 19th-century odalisque paintings whose convention was to display a female body as an erotic ornament. Their gazes have the ballistic precision of the desert eagle held by Nadine in Fuck Me:the rape and revenge odyssey realized by Virginie Despentes in 2000. Through this triad of portraits, Cédric Rivrain holds at gunpoint a phallic history of representation that reified women as sexual sculptures.

A fourth erotic alteration can be identified in Oscar Tuazon’s portrayal as the dandy in The Luncheon on the Grass painted by Edouard Manet in 1863. In this ultimate bootleg, all the protagonists have left the picture leaving just Oscar, the Angelino pope of survivalist modernism, wearing only his tattoos in the guise of a costume. In turn, Jacques de Bascher, the lover of Karl Lagerfeld who built his life on a tragic pyramid of decadent heroes from Ludwig II of Bavaria to Jacques Adelsward Fersen, is seen as the Pink Panther, dressed as a BDSM Pope or at fleur-de-lys level in his shower. If the latter was known for his hedonist virtuosity, especially when it came to conceiving concupiscent evenings such as the Black Moratorium held in honor of Lagerfeld in 1977, Juliana Huxtable is not to be undone.

Artist, DJ, and creator of the cult queer New York party “Shock Value”, Huxtable is portrayed as a da Vinci Spring-Summer 2022 muse deplugged from a Wachowski sisters’ cyberpunk fantasy. From sci-fi to the ethereal gaze of Rodrigue Fondeviolle, there is only one step. Standing on the edge of a Basque cliff with a rose in his hand, his eyes contain the ineffable character of grief animating Chantal Ackerman’s tragic fable The Captive. Finally, Rivrain’s self-portrait, whose commentary could be reduced to the minerality of his blue eyes that seem to reconcile the brutality of a diamond with the delicacy of a spit.

Genre scenes are also honored. The first one depicts à la Jacques Emile Blanche, the Parisian sacrosanct ritual of the aperitif where everyone can lean over to hear the sweet song of gossip and juicy confessions from a nearby terrace while the second seize an afterparty and its pantomime theater. Lastly, this museum would not be complete without its share of pastoral and still-life paintings. At equidistance between a surrealist rebus and 17th-century Flemish bestiary, these works will let lustful minds see erotic allegories while the others will muse on the meaning of the Samsung Galaxy recurrence.

This exhibition can also be understood as Cédric Rivrain’s own pantheon celebrating his friends and lover. Like the Temple of Friendship created by Natalie Clifford Barney in the early 20th century at the back of a Saint-Germain-des-Prés courtyard which celebrated queer friendship with a touch of jet-set fin-de-siècle, Rivrain has throughout the years edified a Notre-Dame of the Faggots, Eccentrics and Marginals. Amen!

— Pierre-Alexandre Mateos & Charles Teyssou

Press
Art Viewer
Numéro Magazine
Purple Magazine

Texte Français
Demi-mondaines invétérées, Rabelaisiens nocturnes, readymades humains, castafiores sous poppers, dandys défroqués et twinks m&m’s font partie du musée imaginaire de Cédric Rivrain. S’apparentant au coming out d’André Malraux au Castle Faggot, Luna Park décadent rêvé par Derek McCormack dans lequel se croisent Charles Baudéclair et Stéphane Marshmallarmé, cette exposition est une descente dans un cabaret délirant. Ce soir, il vous présente Manet la Délurée, Chardin la Catin, Fragonard le Queutard et Rembrandt la Tante.

Dans la National Portrait Gallery de Rivrain, on aperçoit Lili Reynaud Dewar semblant avoir cédé à la soif inextinguible qui animait Béatrice Dalle dans Trouble Every Day de Claire Denis en 2001. Cette dernière ainsi qu’Emily Sundblad et Puppies Puppies (Jade Kuriki Olivo) ont une posture qui subvertit tranquillement la généalogie des peintures d’odalisques du 19ème siècle dont la convention était de montrer un corps féminin comme un ornement érotique. Leurs regards ont la précision balistique du Desert Eagle tenu par Nadine dans Baise moi, l’odyssée rape and revenge réalisée par Virginie Despentes en 2000. À travers cette triade de portraits, Cédric Rivrain tient en joue une histoire phallique de la représentation qui a réifié les femmes comme des sculptures sexuelles.

Une quatrième altération érotique peut être reconnue dans la représentation d’Oscar Tuazon en dandy dénudé dans Le Déjeuner sur l’herbe peint par Edouard Manet en 1863. Dans cet ultime bootleg, tous les protagonistes ont quitté le tableau pour ne laisser qu’Oscar, le pape angelino du modernisme survivaliste, ne portant que ses tatouages en guise de costume. De son côté, Jacques de Bascher, l’amour de Karl Lagerfeld qui a construit sa vie sur une pyramide tragique de héros décadents, allant de Louis II de Bavière à Jacques Adelsward Fersen, est grimé en Panthère rose, flanqué d’une tenue BDSM ou saisie à fleur de lys prenant sa douche. Si ce dernier est connu pour sa virtuosité hédoniste, notamment lorsqu’il s’agit de concevoir des soirées concupiscentes à l’instar du Moratoire Noire organisé en l’honneur de Lagerfeld en 1977, Juliana Huxtable n’est pas en reste. Artiste, DJ et créatrice de la soirée culte queer new-yorkaise « Shock Value », Huxtable est présentée comme une égérie da Vinci printemps-été 2022 dépluggée d’un fantasme cyberpunk des sœurs Wachowski.

De la science-fiction au regard éthéré de Rodrigue Fondeviolle, il n’y a qu’un pas. Dressé sur le rebord d’une falaise basque avec une rose à la main, ses yeux contiennent le caractère ineffable du chagrin animant la fable tragique La Captive de Chantal Ackerman. Enfin, l’autoportrait de Rivrain, dont le commentaire pourrait se réduire à la minéralité de ses yeux bleus qui semblent concilier la brutalité d’un diamant à la délicatesse d’un crachat.

Les scènes de genre sont également à l’honneur. La première dépeint à la manière de Jacques Emile Blanche le sacro-saint rituel parisien de l’apéritif où chacun peut à loisir se pencher afin d’entendre le doux chant des ragots et des confessions juteuses depuis une terrasse voisine, tandis que la seconde saisit une after et son théâtre de pantomimes. Enfin, ce musée ne serait pas complet sans son lot de pastorales et de natures mortes. À équidistance d’un rébus surréaliste et d’un bestiaire flamand du XVIIe siècle, ces œuvres feront voir aux esprits lubriques des allégories érotiques tandis que les autres se questionneront sur la récurrence d’un Samsung Galaxy.

Cette exposition peut aussi être comprise comme un panthéon propre à Cédric Rivrain célébrant ses amis et amants. A l’image du Temple de l’Amitié créé par Natalie Clifford Barney au début du 20ème siècle au fond d’une cour de Saint-Germain-des-Prés qui célébrait l’amitié queer avec une touche de jet-set fin-de-siècle, Rivrain a érigé au fil des ans une Notre-Dame des Pédés, Excentriques et Marginaux. Amen !

— Pierre-Alexandre Mateos & Charles Teyssou

Artworks
Cédric Rivrain
Boîte a bijoux, 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
60 x 50 cm
23 5/8 x 19 3/4 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Jade (Puppies Puppies), 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
90 x 160 cm
35 3/8 x 63 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Ficus et Masque, 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
90 x 70 cm
35 3/8 x 27 1/2 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Canapé, 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
130 x 195 cm
51 1/8 x 76 3/4 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Juliana, 2019 - 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
60 x 50 cm
23 31/50 x 19 69/100 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Fleur de Lys (Les Fesses de Jacques de Bascher), 2020 - 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
40 x 40 cm
15 3/4 x 15 3/4 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Masque (Jacques de Bascher), 2020 - 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
40 x 40 cm
15 3/4 x 15 3/4 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Panthère Rose (Jacques de Bascher), 2020 - 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
40 x 40 cm
15 3/4 x 15 3/4 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Ballon, 2019 - 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
73 x 116 cm
28 37/50 x 45 67/100 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Oscar au bain, 2020-2021
Huile sur toile
Oil on canvas
162 x 130 cm
63 39/50 x 51 9/50 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Cygne, 2019 - 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
73 x 60 cm
28 37/50 x 23 31/50 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Bouche ouverte (Autoportrait), 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
36 x 30 cm
14 17/100 x 11 81/100 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Rodrigue à Biarritz, 2019 - 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
81 x 65 cm
31 89/100 x 25 59/100 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Canard, 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
146 x 114 cm
57 1/2 x 44 7/8 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Bar, 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
90 x 130 cm
35 43/100 x 51 9/50 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Emily au Ritz, 2019-2021
Huile sur toile
Oil on canvas
81 x 100 cm
31 7/8 x 39 3/8 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris
Cédric Rivrain
Lili rue Molière, 2019 - 2021
Huile sur toile
Oil on canvas
81 x 100 cm
31 89/100 x 39 37/100 in
Courtesy of the artist and Fitzpatrick Gallery, Paris